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Le Canadian Dream français

Le 27 août 2014, Samuel Maugard quitte la France pour suivre les traces de sa grand-mère originaire de Montréal. Elle a oublié de lui préciser qu’elle est originaire du village du même nom à 20km de Carcassonne et non à 10 000 km au Québec. Trop tard, il a à peine finit ses études qu’il débute son “Canadian Dream”.

Il intégre rapidement une start up détenue par deux dirigeants issus de la communauté juive. Au Canada, 20% de la population est née à l’étranger. Les entrepreneurs s’appuient en partie sur leur communauté pour réussir. C’est la première leçon qu’apprend Samuel Maugard sur les terres d’Amérique du Nord.

Ces premières missions sont de trouver des boutiques locales qui souhaitent faire du e-commerce. Il rencontre ainsi un fournisseur qui devient son nouvel employeur. C’est un serial entrepreneur qui dirige la société Affaires Media. L’entrepreneuriat à la Nord-Américaine, il ne faut pas avoir peur d’oser, de chercher le marché de niche et ne penser qu’à la rentabilité et au profit. Du plus ludique au plus complexe, Samuel Maugard travaille sur tous types de projets entrepreneuriales :

  • L’installation d’un système de wifi marketing pour connaître les informations socio-démographiques des clients. La technologie peut même localiser le consommateur, apprendre son itinéraire et lui envoyer des notifications push lorsqu’il hésite devant un produit ;
  • Le lancement d’une compagnie de financement d’entreprise ;
  • La commercialisation d’une invention brevetée réduisant les UV dans les résidences commerciales…

En parallèle, Samuel a remarqué la pénurie de personnes qualifiées dans l’informatique et le web au sein du Canada. Il a ingénieusement mis en place une agence cherchant des stagiaires français qui veulent rejoindre Montréal. Il peut ainsi avoir accès à une main d’oeuvre qualifiée issue de sa communauté : les français expatriés.

C’est avec cette même volonté qu’il est Vice-Président depuis 3 ans de l’association du CERF – Cercle des Entrepreneurs et Réseauteurs Français au CanadaC’est un réseau d’entraide et de partage composé de 50 membres de la communauté française. Il aide les français souhaitant s’installer, démarrer une nouvelle activité ou faire du business.

 

6 différences culturelles entre canadiens et français

Après plusieurs années d’expériences au Canada, Samuel nous partage son point de vue sur nos différences culturelles.

  • Français vs français québécois

Une partie de la population canadienne parle français notamment à Montréal Ouest et dans le reste de la province du Québec.  Cependant, il ne faut pas se faire piéger par ses a priori, nos cultures sont différentes. Juste d’un point de vue linguistique, nous ne parlons pas le même français. Au tout début, il y a un temps d’adaptation car il y a beaucoup d’incompréhension linguistique.

  • Sociabilité vs franchise

En matière de sociabilité, les canadiens sont souvent très gentils et avenants. Bien plus qu’en France. Cependant, ils n’osent pas faire preuve de franchise à la française. Lors d’une rencontre commerciale, un interlocuteur peut me dire oui car il ne souhaite pas me dire non en face à face. Parfois même, ils vont accepter une offre sans faire preuve d’analyse, uniquement par recommandation . Le risque à manquer de franchise, c’est la déception.

  • Prise de risque vs anticipation

Dans le traitement de nos projets, les nord-américains sont dans la prise de risque alors que nous sommes dans l’anticipation. Cette euphorie dans la prise de risque est une force incontestable pour les entrepreneurs. Cependant, celle-ci ne doit pas être inconsciente. Beaucoup de professionnels ou d’entreprises se lancent sans même avoir les compétences. C’est la culture du fake it till you make it” soit de faire croire savoir faire quelque chose jusqu’à savoir le faire. Sans rentrer dans ces excès, il faut apprendre à sortir de notre confort. En associant nos deux cultures, nous devenons plus performant à long terme en prenant des risques maîtrisés.

  • Reconnaissance vs connaissance

Au Canada, tout le monde a sa chance. Pour se faire accepter, il suffit d’une première expérience réussie. Peu importe la mission, l’important est de faire preuve d’agilité. Le savoir être et le savoir-faire sont bien plus importants que les diplômes.

  • Structure horizontale vs verticale

La structure des entreprises est horizontale et n’est pas hiérarchisée comme en France. Le management est participatif. Chacun est libre de mener un projet à bien et de travailler en transversalité. Le manager a un rôle de facilitateur et de coordinateur et non de donneur d’ordre. En France, l’organisation structurelle est encore trop verticale. Cela limite la prise d’initiative, crée de la frustration, augmente le turn over d’employés audacieux  et renforce le positionnement des collaborateurs incompétents qui bloquent, par leur positionnement hiérarchique, l’évolution de jeunes talents et la transformation positive de l’entreprise.

  • Exclusion vs inclusion numérique

Les entreprises canadiennes ont un retard en terme de digitalisation. C’est une conséquence d’un manque de ressources qualifiées dans le web et le digital depuis de nombreuses années. Les 10 emplois les plus recherchés sont du domaine du numérique : programmateur, data analyst, chef de projet web… Heureusement, l’avènement du  secteur du jeu vidéo subventionné par l’Etat transforme l’ensemble du pays.

 

Les sucess key d’un entrepreneur français à Montréal

En se penchant sur le retour d’expérience de Samuel, voici une liste non exhaustive de sucess key pour réussir :

  • La chance sourit aux audacieux. Il faut apprendre à oser. En mélangeant nos cultures, nous pouvons devenir des entrepreneurs redoutables pour ainsi maîtriser l’art paradoxal de l’analyse et de la prise de risque.
  • Une opportunité simple à saisir mais souvent oubliée, c’est de s’appuyer sur son réseau et sa communauté. Ils seront les premiers à nous aider que ce soit dans le business ou dans la recherche d’un emploi.
  • Sans parler uniquement de rentabilité financière, il est nécessaire de réfléchir en terme de retour sur investissement notamment dans la priorisation de nos tâches. Un ROI n’est pas uniquement matériel ou financier, il peut y avoir des objectifs d’image, de notoriété, de relation, etc.

 

L’aventure continue pour Samuel Maugard

Depuis peu, Samuel quitta Affaires Media pour rejoindre une agence de consulting, le Groupe Trigone, une PME composée de 30 collaborateurs. Il est désormais consultant digital. Il se charge d’auditer une entreprise puis de l’accompagner sur le plan stratégique. Avec son expertise dans l’écosystème entrepreneuriale

Samuel Maugard a récemment rejoint l’ASFE – l’Alliance Solidaire des Français à l’Etranger, un mouvement politique indépendant exclusivement dédié aux français à l’étranger. Faisant parti de la liste de Montréal, il a pour ambition de pouvoir accompagner plus globalement l’ensemble de la communauté française vivant au Canada. Je lui souhaite bonne chance pour cette nouvelle aventure qui vient ajouter une nouvelle couleur à sa palette professionnelle.

Retrouvez l’ensemble de son aventure de slasher sur son blog personnel :  https://www.luckypreneur.com/